Pourquoi les salariés descendent dans la rue malgré le coût d’une grève et les divisions politiques à gauche
Les syndicats appellent salariés du privé et du public à se mobiliser pour les salaires, l’emploi et les services publics. Raphaël Glucksmann annonce sa présence, alors que ses accusations de harcèlement contre LFI restent contestées.

Les syndicats appellent les salariés du privé et du public à faire grève et à manifester pour les salaires, l’emploi et les services publics. Raphaël Glucksmann dit qu’il participera au rassemblement malgré les incidents qu’il dénonce et ses accusations envers LFI, qui nie toute implication. La mobilisation met ainsi en jeu à la fois le pouvoir d’achat et la place des tensions politiques dans le
Un prompt optimisé est pré-rempli pour chaque moteur. Les résultats générés par l'IA peuvent différer du contenu original.
Comment faire entendre les demandes sur les salaires quand les affrontements entre responsables politiques occupent le débat ? La mobilisation du jeudi 5 novembre pose aussi cette question : garder les revendications sociales au premier plan, malgré les divisions à gauche.
Raphaël Glucksmann annonce qu’il participera à cette journée syndicale. Une présence qui intervient après ses accusations de harcèlement contre La France insoumise, dont les responsables contestent toute implication dans les violences qu’il dénonce.
Le 5 novembre, une mobilisation pour les revenus et l’emploi
Après plusieurs semaines de mobilisation de la jeunesse contre la vie chère, les syndicats appellent les salariés du public et du privé à manifester et à faire grève. Leurs demandes portent sur les salaires, les services publics, la défense de l’emploi et la répartition des richesses.
L’enjeu dépasse donc la seule rémunération des actifs. Les organisations veulent aussi porter les préoccupations des jeunes et des retraités. Un appel relayé par la CGT Douanes pour le 5 novembre mentionne notamment les pensions, l’industrie et les moyens des services publics.
Le gouvernement et le patronat constituent les destinataires de cette mobilisation. Les syndicats cherchent à peser sur les décisions publiques comme sur celles des employeurs. Les salariés attendent des réponses sur leurs revenus et leurs emplois ; les usagers sont concernés par les moyens consacrés aux services publics.
C’est dans ce cadre que Raphaël Glucksmann a annoncé, lundi 2 novembre, sa participation. Le candidat soutenu par Place publique et le Parti socialiste entend ainsi prendre place dans le mouvement social, malgré les incidents qu’il rapporte.
Derrière le pouvoir d’achat, des situations très différentes
La question salariale s’inscrit dans une histoire récente précise. Selon l’Insee, le salaire net moyen du secteur privé a progressé de 0,8 % en pouvoir d’achat en 2024. Cette amélioration suivait deux reculs : 1,3 % en 2022, puis 1 % en 2023. Ces chiffres corrigent les rémunérations de l’évolution des prix.
Autrement dit, une amélioration annuelle ne signifie pas nécessairement un rattrapage des pertes précédentes. Dans une autre analyse, l’Insee estimait le pouvoir d’achat des salaires du privé en 2024 encore inférieur de 1,9 % à son niveau de 2021, hors effet du chômage partiel. Ce repère éclaire la persistance des demandes salariales.
Les moyennes masquent également des écarts. En 2024, la moitié des salariés du privé percevait moins de 2 190 euros nets mensuels en équivalent temps plein. Cette mesure ramène les rémunérations à une même durée de travail : elle ne décrit donc pas directement les sommes effectivement reçues par les personnes à temps partiel.
Participer à une grève représente, lui aussi, un arbitrage financier. Dans le privé, l’employeur retient une part du salaire proportionnelle à la durée de l’arrêt de travail. Un salarié peut donc soutenir les revendications sans pouvoir supporter facilement cette perte immédiate. Le cadre du droit de grève dans le secteur privé distingue ainsi le droit de se mobiliser de ses conséquences sur la paie.
Glucksmann maintient sa présence et ses accusations
La semaine précédente, Raphaël Glucksmann affirmait que l’hostilité rencontrée dans les rassemblements l’empêchait de participer aux mobilisations. Il attribuait cette situation à une campagne de harcèlement de La France insoumise.
Il maintient désormais sa participation, sans retirer ses accusations. Il dénonce des invectives lors d’événements organisés par son camp, ainsi qu’une violence en ligne et dans l’espace public. Son message politique est double : soutenir les syndicats et refuser que ces incidents modifient ses positions.
Plusieurs épisodes nourrissent cette confrontation. Le candidat a subi des invectives dans un rassemblement féministe et un enfarinage. Le 19 octobre, des participants l’ont également pris à partie devant l’hôtel de ville de Paris, lors d’un rassemblement dénonçant les violences du 17 octobre.
Il faut toutefois distinguer ces incidents de l’attribution d’une responsabilité politique. Raphaël Glucksmann met en cause les militants insoumis et leur discours. La France insoumise récuse toute implication dans les violences. Les accusations du candidat ne suffisent donc pas à établir une responsabilité du parti.
Deux lignes politiques, un mouvement social à préserver
Manuel Bompard, coordinateur de LFI, conteste les accusations et reproche au candidat de rechercher continuellement la confrontation avec les Insoumis. Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale, l’invite pour sa part à se concentrer sur son programme plutôt que sur leur mouvement.
Les deux camps défendent aussi leur place dans la gauche. Raphaël Glucksmann porte une ligne modérée, écologiste et pro-européenne, en rupture avec celle de Jean-Luc Mélenchon. Son positionnement vise à faire exister une offre distincte. LFI, de son côté, conteste une mise en cause qui associe son organisation aux intimidations dénoncées.
Pour les syndicats, l’enjeu reste différent : transformer les revendications en rapport de force avec les décideurs. La présence de responsables politiques peut donner de la visibilité aux demandes. Mais leur confrontation risque aussi de déplacer l’attention vers une compétition électorale, loin des préoccupations des salariés.
Le jeudi 5 novembre constituera donc un double rendez-vous. Il permettra d’observer l’ampleur de la mobilisation dans le public et le privé, puis les réponses du gouvernement et des employeurs. La participation annoncée de Raphaël Glucksmann donnera également une traduction concrète à son engagement de rester présent dans les cortèges malgré les tensions.



