Présidentielle 2027 : Glucksmann mise sur le salaire net pour rassembler une gauche sans accord avec La France insoumise
Raphaël Glucksmann officialise sa candidature à la présidentielle de 2027 et participera à la primaire sociale-démocrate. Son projet cible le salaire net, les méga-héritages, l’industrie et l’école publique.

Raphaël Glucksmann entre officiellement dans la course à l’Élysée et participera à la primaire organisée avec le Parti socialiste en octobre. Il défend une hausse du salaire net financée par une taxation accrue des très gros héritages, tout en refusant tout accord avec La France insoumise. Son défi sera de rassembler les sociaux-démocrates, les écologistes et les électeurs de gauche.
Un prompt optimisé est pré-rempli pour chaque moteur. Les résultats générés par l'IA peuvent différer du contenu original.
Que peut changer une candidature de plus à gauche pour les électeurs qui cherchent une alternative à Emmanuel Macron et à l’extrême droite ? Raphaël Glucksmann veut incarner cette option, mais il devra d’abord convaincre sa propre famille politique.
Une candidature annoncée dans le cadre d’une primaire
Raphaël Glucksmann a officialisé sa candidature à l’élection présidentielle de 2027 dimanche 23 août 2026. Il l’a annoncé lors du journal télévisé de TF1, après plusieurs mois de préparation et de consultations au sein de Place publique.
« Si je suis candidat aujourd’hui, c’est pour relever la France. (…) Je me prépare depuis des mois », a déclaré le député européen. Il présente cette décision comme un choix de responsabilité. « Dans la vie de chacun, il y a un moment (…) où il faut assumer ses convictions », a-t-il ajouté.
Le calendrier politique est déjà fixé. Le cofondateur de Place publique participera à la primaire organisée en octobre 2026 avec le Parti socialiste. Ce scrutin doit désigner un candidat commun au courant social-démocrate, c’est-à-dire une gauche attachée aux services publics et à la redistribution, mais favorable à l’économie de marché et aux institutions européennes.
Le vote ne devrait pas être ouvert à l’ensemble des sympathisants de gauche. Le Parti socialiste a retenu un dispositif centré sur ses adhérents et ceux des formations participantes. Ce choix donne un avantage mécanique aux personnalités disposant d’un réseau militant organisé.
Place publique a salué cette primaire comme une possibilité de rassemblement. Le PS, lui, cherche à éviter une nouvelle dispersion de ses forces avant l’élection présidentielle. Les deux formations restent toutefois dépendantes de leurs équilibres internes.
Le pari d’une gauche sans La France insoumise
Raphaël Glucksmann veut construire une « alternative » à la fois au macronisme et à l’extrême droite. Mais il trace une frontière nette avec La France insoumise.
« Avec [La France insoumise], il n’y aura plus jamais d’accord si je gagne la primaire », a-t-il affirmé. Cette position constitue l’un des marqueurs de sa candidature. Elle peut rassurer les électeurs de gauche hostiles à la stratégie de Jean-Luc Mélenchon. Elle risque aussi de réduire ses possibilités d’alliance au second tour ou lors des élections intermédiaires.
Le Parti socialiste n’est pas totalement aligné sur cette ligne. Son premier secrétaire, Olivier Faure, défend depuis plusieurs années une stratégie plus ouverte à l’union de la gauche, même lorsqu’il reconnaît ses désaccords avec La France insoumise. Cette divergence pourrait peser sur la primaire et sur la rédaction d’un éventuel programme commun.
La question est concrète. Une candidature sociale-démocrate peut attirer des électeurs modérés, écologistes ou déçus du macronisme. Mais elle doit aussi conserver une capacité de mobilisation dans les quartiers populaires et auprès des électeurs les plus à gauche. Or ces publics ne se reconnaissent pas toujours dans une ligne de rupture avec LFI.
Le camp écologiste constitue donc un partenaire stratégique. Raphaël Glucksmann a reconnu que les Écologistes avaient eu raison d’alerter sur la crise climatique. Il leur propose implicitement de rejoindre un projet plus large, sans demander pour autant une fusion immédiate des appareils.
Cette main tendue ne garantit rien. Yannick Jadot a déjà affiché son soutien à Raphaël Glucksmann. D’autres responsables écologistes restent plus réservés. Marine Tondelier, notamment, a mis en doute la capacité d’une candidature sociale-démocrate à gagner seule la présidentielle. Les Écologistes devront choisir entre une stratégie autonome et un rapprochement avec le pôle socialiste.
Un pouvoir d’achat placé au centre du programme
Sur le plan économique, Raphaël Glucksmann veut faire de la rémunération du travail son thème prioritaire. Son objectif est d’augmenter le salaire net, c’est-à-dire la somme réellement versée au salarié après les cotisations et les prélèvements sociaux.
Pour y parvenir, il propose de réduire certains prélèvements sociaux pesant sur les salaires. Cette mesure augmenterait directement le revenu disponible des travailleurs concernés. Elle pourrait aussi modifier le financement de la protection sociale, aujourd’hui largement assuré par les cotisations liées à l’emploi.
Le candidat affirme vouloir compenser cette baisse par une taxation accrue des « méga-héritages ». Il vise les patrimoines transmis par les contribuables les plus fortunés. Selon son estimation, cette réforme permettrait de récupérer 15 milliards d’euros, ensuite transférés sur les fiches de paie.
Le mécanisme bénéficierait d’abord aux salariés dont le revenu net progresserait. Les entreprises pourraient également y voir un moyen de soutenir le pouvoir d’achat sans augmenter immédiatement les salaires bruts. En revanche, les ménages détenant de très gros patrimoines seraient directement ciblés par la hausse de la fiscalité successorale.
La proposition pose plusieurs questions de mise en œuvre. Quels prélèvements seraient diminués ? Comment éviter une baisse des recettes de la Sécurité sociale ? Quel périmètre retenir pour définir un « méga-héritage » ? Le financement devra être documenté pour convaincre au-delà du cercle des sympathisants.
La question du travail ne se limite pas au montant inscrit sur une fiche de paie. Les salariés subissent aussi le coût du logement, des transports, de l’énergie et des services de garde. Les effets d’une baisse de cotisations seraient donc différents selon les territoires et les niveaux de revenus.
Réindustrialisation et école publique
Raphaël Glucksmann veut également rapprocher son projet des préoccupations industrielles. Il cite la réindustrialisation comme un objectif partagé avec les communistes. Il souhaite remettre les travailleurs « au cœur du contrat social », avec l’ambition de mieux articuler compétitivité, emploi et protection sociale.
Cette priorité peut séduire les territoires industriels confrontés aux fermetures d’usines et à la concurrence internationale. Elle devra cependant s’accompagner de décisions précises sur l’énergie, la formation, les investissements et les chaînes de production. Les grands groupes disposent de capacités financières importantes. Les petites entreprises, elles, restent plus exposées au coût du crédit, au manque de main-d’œuvre et aux fluctuations des commandes.
L’école publique constitue l’autre promesse annoncée. Le candidat parle d’un « plan de sauvetage ». Cette formule renvoie à une crise régulièrement décrite par les enseignants et les familles : manque de remplaçants, difficultés de recrutement et inégalités entre établissements.
Un tel plan devrait préciser les moyens affectés, les priorités pédagogiques et le calendrier. Les mesures ne produiraient pas les mêmes effets dans une grande métropole, une commune rurale ou un établissement situé dans un quartier populaire.
Le véritable test sera celui du rassemblement
Raphaël Glucksmann part avec une visibilité importante depuis les élections européennes de juin 2024, lorsqu’il conduisait la liste commune du PS et de Place publique. Il dispose aussi d’un positionnement lisible sur l’Europe, la démocratie et le soutien à l’Ukraine.
Mais sa candidature ne repose pas sur un appareil comparable à celui des grands partis historiques. Place publique reste une formation récente. Elle devra donc transformer sa notoriété médiatique en implantation locale, en relais militants et en capacité de financement.
La primaire sera le premier obstacle. Plusieurs personnalités socialistes souhaitent y participer, parmi lesquelles Ségolène Royal, Philippe Brun et Jérôme Guedj. Olivier Faure n’a pas encore annoncé officiellement sa candidature. François Hollande figure également parmi les noms évoqués dans le débat social-démocrate.
Le résultat dépendra autant des rapports de force entre candidats que de la participation. Un scrutin réservé aux adhérents peut favoriser le candidat le mieux identifié. Il peut aussi accentuer le décalage entre le choix des militants et les attentes des électeurs de l’ensemble de la gauche.
Les prochaines échéances à surveiller
La prochaine étape sera l’université d’été du Parti socialiste, organisée à Blois le week-end du 28 août 2026. Les discussions devraient porter sur les règles de la primaire, les candidatures et les conditions d’un accord programmatique.
En octobre, les militants devront ensuite départager les prétendants. D’ici là, Raphaël Glucksmann devra préciser son projet économique, obtenir des soutiens au-delà de Place publique et répondre aux critiques sur son refus d’alliance avec La France insoumise. Le scrutin dira alors si sa candidature peut devenir celle d’un rassemblement, ou seulement celle d’un courant de la gauche.
L’annonce de candidature de Raphaël Glucksmann sur TF1 constitue le point de départ officiel de cette séquence. La primaire d’octobre en sera le premier verdict politique.



