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ÉLECTIONS Un candidat commun, mais à quelles conditions ?

Primaire à droite et au centre : l’union pour 2027 se heurte aux rivalités entre Attal, Philippe et Retailleau

Aurore Bergé défend une primaire commune pour désigner un candidat du centre et de la droite à la présidentielle de 2027. Mais Édouard Philippe la refuse, tandis que Bruno Retailleau pose ses conditions et que les règles restent à définir.

Dans un espace de travail, un tableau de barres colorées évoque les intentions de vote, près de feuilles vierges et d’un écran.
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En bref

Aurore Bergé appelle les partis du centre et de la droite à organiser une primaire avant la présidentielle de 2027, afin de désigner un candidat commun. Gabriel Attal et plusieurs responsables soutiennent l’idée, mais Édouard Philippe la rejette et Bruno Retailleau demande que tous les principaux candidats y participent. Les règles et les participants restent à négocier.

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Faut-il choisir entre plusieurs candidats proches, au risque de n’en retrouver aucun au second tour ? Pour les électeurs du centre et de la droite, la question nourrit désormais une bataille sur la méthode de sélection du candidat à la présidentielle de 2027.

Aurore Bergé défend une primaire commune. Mais derrière cette proposition, deux désaccords persistent : qui accepterait de participer, et sur quel projet réunir ces familles politiques ?

Une candidature unique pour éviter l’éparpillement

Le mécanisme présidentiel explique cette pression pour l’union. Si personne n’obtient la majorité absolue au premier tour, seuls les deux candidats arrivés en tête peuvent poursuivre, comme le rappelle le ministère de l’Intérieur sur les règles de l’élection présidentielle. Plusieurs candidatures voisines peuvent donc se disputer les mêmes électeurs et compromettre leur qualification.

C’est à ce risque que répond Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations. Elle souhaite réunir Renaissance, le MoDem, Horizons, l’UDI, le Parti radical, Les Républicains et Nouvelle Énergie. Objectif : fixer les conditions d’une primaire, un vote préalable pour désigner un candidat commun.

La ministre demande de définir les modalités « d’ici la fin de l’année », soit avant la fin de 2026. Elle défend cette méthode depuis dix-huit mois et affirme que « de plus en plus de voix la réclament ». Elle rappelle aussi que les instances de Renaissance avaient initialement rejeté cette solution presque à l’unanimité.

Gabriel Attal a lui-même plaidé, le mercredi 28 octobre, pour une « grande primaire des démocrates ». Michel Barnier, Gérard Larcher, Bruno Le Maire et Hervé Morin soutiennent également le principe d’une consultation. Aurore Bergé, en revanche, ne précise pas si elle y participerait : elle veut d’abord que celle-ci existe.

Des intérêts différents derrière la même règle

Une primaire ne représente pas le même pari pour tous. Pour un candidat distancé, elle ouvre une nouvelle compétition et permet de contester une hiérarchie installée. Pour celui qui domine son espace politique, elle impose au contraire de remettre son avance en jeu.

Édouard Philippe refuse cette étape. Le candidat d’Horizons conserve l’avantage sur Gabriel Attal dans les intentions de vote, malgré une situation plus difficile face à Jean-Luc Mélenchon. Le baromètre Odoxa-Backbone présenté par Public Sénat en octobre montre ainsi le dirigeant insoumis passant devant l’ancien Premier ministre. Cette photographie alimente la crainte d’une élimination, sans prédire le résultat de 2027.

Le calcul stratégique paraît donc différent : Attal peut gagner une occasion de rebondir, tandis que Philippe prendrait le risque de perdre une position favorable. Ce constat ne résume pas leurs motivations. Il permet toutefois de comprendre pourquoi l’appel à l’unité ne produit pas automatiquement un accord sur la procédure.

La position de Bruno Retailleau comporte désormais une ouverture conditionnelle. Le 28 octobre, il a expliqué qu’une primaire devait réunir tous les principaux candidats, Philippe compris. « Si Édouard Philippe n’est pas dans la primaire, ça sert à quoi ? », a-t-il demandé dans un entretien consacré à une primaire de la droite et du centre. Son accord n’est donc pas acquis, mais son refus n’est plus sans condition.

Choisir un nom ne suffit pas à réunir des électeurs

Reste une difficulté de fond : ces partis ne parlent pas exactement au même public. Une enquête Odoxa publiée en juin sur Bruno Retailleau et ses concurrents l’illustre. Sa ligne sur l’immigration suscitait une forte approbation chez les sympathisants LR, mais une désapprobation majoritaire chez ceux de Renaissance. Un candidat commun devrait donc convaincre au-delà de son noyau de soutien.

Pour les partisans de la primaire, le vote pourrait donner une légitimité claire au vainqueur et organiser le rassemblement. Pour ses adversaires, il ajouterait une confrontation entre alliés potentiels, avant même la campagne nationale. Le désaccord concerne ainsi l’ordre des étapes : faut-il départager les personnes pour construire l’union, ou rapprocher les projets avant de choisir ?

Les conséquences pratiques diffèrent aussi selon les acteurs. Les grandes formations peuvent mobiliser leurs réseaux militants. Les plus petites cherchent surtout à peser dans les règles et le débat. Une consultation commune leur offrirait une exposition, mais pourrait aussi les placer derrière les candidats les plus connus.

Pour les électeurs ordinaires, l’enjeu serait la possibilité de participer réellement au choix. Un scrutin réservé aux adhérents ne donnerait pas la même place aux sympathisants qu’une primaire ouverte. De même, le mode de vote, les lieux de participation et les éventuelles conditions d’inscription détermineraient l’accessibilité du dispositif. Ces choix restent à négocier.

Avant la fin de 2026, passer des appels aux engagements

Une autre voie existe déjà : discuter sans organiser immédiatement une primaire. Édouard Philippe a proposé un comité réunissant les responsables du centre et de la droite, avec un premier rendez-vous envisagé autour de la Toussaint. LCP détaille cette proposition de réunion et les réactions des candidats, distincte d’un vote de désignation.

Deux échéances permettront donc de mesurer les avancées : la concrétisation de ce rendez-vous, puis la fin de 2026 fixée par Bergé. Il faudra notamment surveiller la liste des participants, le corps électoral retenu et l’engagement des perdants à soutenir le vainqueur. Sans ces réponses, la candidature unique restera un objectif partagé par certains, mais sans méthode commune.

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