À Montargis, la démission du maire RN force les habitants à attendre une succession rapide et une continuité politique
Après seulement quelques mois à la mairie, Côme Dunis quitte ses fonctions pour raisons de santé. Le conseil municipal de Montargis doit élire un nouveau maire en septembre, sans interrompre la gestion locale.

À Montargis, la victoire du RN ne s’efface pas avec un départ
Quand un maire quitte son fauteuil après quelques mois seulement, la ville ne s’arrête pas. Mais la question devient vite très concrète : qui décide, dans quel délai, et avec quelle légitimité ? À Montargis, la réponse passe désormais par le conseil municipal, qui devra élire un nouveau maire en septembre.
Côme Dunis avait remporté Montargis lors des municipales des 15 et 22 mars 2026. Sa liste “Aimer Montargis” avait obtenu 34,64 % des suffrages exprimés au second tour, devant la gauche conduite par Bruno Nottin et la droite menée par Benoît Digeon. La ville de 15 000 habitants était alors passée au Rassemblement national, dans une triangulaire très serrée.
Le 5 août 2026, l’élu a annoncé sa démission. Il dit vouloir consacrer toute son énergie à un problème de santé et estime ne plus pouvoir garantir la présence attendue d’un maire. Il restera conseiller municipal “tant que sa santé le permettra”, selon son communiqué.
Ce que dit la règle, et pourquoi cela compte
Le cadre juridique est simple. Dans une commune comme Montargis, le conseil municipal doit être convoqué pour remplacer le maire dans un délai de quinze jours quand il cesse ses fonctions. La loi prévoit aussi que, dans les communes de 1 000 habitants et plus, le conseil peut être réputé complet pour élire un nouveau maire si les vacances résultent de démissions intervenues après la cessation des fonctions du maire.
En pratique, cela évite une vacance durable du pouvoir local. Les décisions du quotidien continuent : écoles, voirie, urbanisme, sécurité, subventions. Mais un maire démissionnaire, même remplacé rapidement, laisse toujours une période de flottement. Les services municipaux attendent des arbitrages. Les adjoints se calent sur une nouvelle ligne politique. Et l’opposition surveille le signal envoyé aux habitants.
Pour les Montargois, l’enjeu n’est pas abstrait. Le maire porte les dossiers les plus visibles, mais il incarne aussi la stabilité politique de la commune. Dans une ville déjà marquée par des tensions locales autour de l’insécurité, de la rénovation du centre-ville et de la gestion financière, une transition rapide limite les blocages. Elle ne les fait pas disparaître.
Une majorité RN qui veut montrer qu’elle tient la barre
Le camp de Côme Dunis veut d’abord éviter l’image d’un pouvoir qui vacille. Le communiqué annonce une “candidature unique” pour lui succéder, afin d’assurer la continuité. Le message est clair : la majorité entend garder la main et montrer que la conquête de mars n’était pas un accident électoral.
Cette stratégie profite à la nouvelle équipe si elle réussit. Elle lui permet de conserver la mairie sans donner le sentiment d’une guerre de succession. Elle rassure aussi ceux qui ont voté RN pour une rupture politique locale, pas pour une crise de gouvernance. En revanche, elle oblige la majorité à prouver qu’elle peut fonctionner sans son chef de file initial.
Dans les faits, la majorité actuelle n’a pas le luxe de l’improvisation. Montargis sort d’une alternance courte mais lourde de symboles. Le RN y a gagné après des années de domination de la droite, et la ville est devenue un terrain observé bien au-delà du Loiret. La moindre turbulence y est lue comme un test politique.
L’opposition regarde la suite, pas seulement la santé du maire
Face à ce départ, l’opposition n’a pas intérêt à paraître brutale. Un problème de santé appelle d’abord la retenue. Mais elle peut aussi rappeler que la fonction de maire exige une présence constante et que la majorité a désormais la responsabilité de ne pas ralentir les dossiers locaux. C’est là que le contrepoids politique devient utile.
À Montargis, Bruno Nottin, chef de file de l’opposition de gauche, s’est déjà posé en adversaire frontal du RN lors des municipales. Son camp dispose donc d’un angle clair : juger la méthode, la stabilité et le contenu de l’action municipale, plutôt que le seul symbole de la conquête. Pour la gauche locale, l’enjeu est de montrer qu’une mairie RN ne transforme pas d’elle-même les difficultés du quotidien.
Le débat dépasse aussi les clivages partisans. Dans une ville comme Montargis, les habitants mesurent surtout la rapidité des réponses : entretien des rues, commerce de centre-ville, services publics, sécurité, finances. Les plus gros gagnants d’une transition sans heurt sont les usagers et les agents municipaux. Les plus fragilisés sont ceux qui vivent déjà dans des quartiers ou des secteurs où chaque retard se voit immédiatement.
Horizon : un vote en septembre et un test politique immédiat
Le prochain rendez-vous est précis : l’élection du nouveau maire par le conseil municipal en septembre 2026. C’est à ce moment-là que l’on saura si la majorité RN garde une ligne claire, ou si la démission de Côme Dunis ouvre une phase plus hésitante.
La suite dira aussi si Montargis reste une conquête symbolique du RN, ou si cette victoire devra désormais se raconter sans son premier maire élu en mars. Pour les électeurs, la vraie question est là : la continuité politique peut-elle survivre à un changement aussi rapide de visage ?



