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ANALYSES & OPINIONS Le prix des économies

Budget 2027 : Horizons veut éviter 10 milliards d’impôts, mais qui paiera le prix des économies annoncées ?

Horizons propose d’annuler 10 milliards d’euros de hausses d’impôts en échange d’économies supplémentaires, notamment sur les dépenses de l’État et de la Sécurité sociale. Fonctionnaires, retraités et usagers pourraient être concernés par ces choix.

Pupitres équipés de microphones et de boîtiers de vote dans un hémicycle parlementaire aux sièges disposés en arc.
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En bref

Le groupe Horizons défend une autre voie pour ramener le déficit public à 5 % du PIB en 2027 : supprimer 10 milliards d’euros de hausses d’impôts et réaliser autant d’économies supplémentaires. Ses pistes touchent notamment aux effectifs publics, aux arrêts maladie, aux retraites et aux dépenses de la Sécurité sociale ; leur répartition précise reste à débattre.

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Éviter des hausses d’impôts, mais réduire davantage les dépenses publiques : qui y gagne, et qui supporte l’effort ? Le « budget alternatif » d’Horizons pour 2027 déplace cette charge vers l’État, les agents publics et les dépenses sociales.

Le parti d’Édouard Philippe propose d’annuler 10 milliards d’euros de hausses d’impôts prévues par le gouvernement. En contrepartie, il réclame 10 milliards d’économies supplémentaires. Derrière cette équivalence comptable, les conséquences diffèrent selon que l’on paie les prélèvements concernés ou que l’on dépend des services et prestations financés.

Un même objectif de déficit, un autre partage de l’effort

Les députés commencent l’examen du budget de l’État pour 2027 dans l’hémicycle le mardi 13 octobre 2026. Avant ces débats, Laurent Marcangeli, président du groupe Horizons à l’Assemblée nationale, défend une autre répartition de l’effort budgétaire.

Sa proposition consiste à « annuler 10 milliards de hausses d’impôts prévues, contre des économies du même montant ». La moitié des économies supplémentaires porterait sur les dépenses de l’État. L’autre moitié concernerait les dépenses sociales.

Horizons maintient toutefois son soutien à l’objectif gouvernemental : ramener le déficit public à 5 % du produit intérieur brut en 2027. Ce déficit mesure l’écart annuel entre les dépenses et les recettes de l’ensemble des administrations publiques, pas seulement de l’État.

Pour situer cet objectif, les comptes publics publiés par l’Insee font apparaître un déficit de 5,1 % du PIB en 2025. L’enjeu porte donc autant sur les moyens du redressement que sur la cible annoncée.

Laurent Marcangeli insiste sur le positionnement de son groupe : « Ce n’est pas un “contre-budget”, car cela voudrait dire que nous sommes dans l’opposition. » Horizons entend peser sur les choix de l’exécutif sans rompre avec lui. Cette distinction politique ne règle cependant pas la question centrale : quelles dépenses diminuer, et avec quelles conséquences ?

Moins de recrutements et des ministères inégalement protégés

Pour dégager des économies, Horizons propose de ne pas remplacer un fonctionnaire sur trois. Le parti souhaite aussi réduire les crédits de l’État, en épargnant l’Éducation nationale, la police, la gendarmerie, les armées et la justice.

Cette sélection privilégie certains services. En revanche, les autres administrations devraient absorber les réductions. Les annonces ne précisent pas la répartition complète des économies entre ministères, ni leur calendrier d’application.

Le non-remplacement réduit les effectifs au fil des départs. Son rendement dépend donc des postes concernés et du rythme de ces départs. Il ne dit pas, à lui seul, quelles missions disparaîtraient ou comment les services réorganiseraient leur travail.

Pour les contribuables visés par les hausses d’impôts, leur annulation représenterait un avantage direct. Pour les usagers, l’effet dépendrait des arbitrages locaux : une réorganisation peut préserver le service, tandis qu’une réduction sans adaptation peut allonger les délais. Les ménages disposant d’alternatives privées ne rencontreraient pas les mêmes contraintes que ceux qui dépendent entièrement du service public.

Il faut également distinguer les exceptions annoncées pour les crédits ministériels des autres mesures. Protéger le budget de l’Éducation nationale ne signifie pas nécessairement exempter ses agents d’un changement des règles d’indemnisation des arrêts maladie.

Les arrêts maladie, un coût directement porté par les agents

Horizons propose de porter à deux jours le délai de carence dans la fonction publique. Il s’agit de la période initiale d’un arrêt maladie pendant laquelle l’agent ne perçoit pas sa rémunération, sous réserve des exceptions prévues.

Les règles présentées par Service Public sur le jour de carence prévoient actuellement un jour non rémunéré pour les fonctionnaires en congé de maladie ordinaire. Passer à deux jours transférerait donc une journée supplémentaire de coût vers les agents concernés.

Cette piste rencontre une opposition syndicale ancienne. Lors du précédent débat sur trois jours de carence, fin 2024, la CFDT Interco dénonçait une perte de pouvoir d’achat pour les agents publics. Cette position constitue un contrepoint au raisonnement budgétaire d’Horizons, sans être une réaction spécifique à sa proposition pour 2027.

Le précédent montre aussi le rapport de force possible. La CFDT rappelle que le gouvernement avait renoncé aux trois jours de carence après la mobilisation du 5 décembre 2024. En revanche, la baisse de rémunération pendant les congés de maladie ordinaires avait ensuite été adoptée.

Retraites et Sécurité sociale : préciser ce qui diminuerait

Sur les retraites, Horizons souhaite revenir sur la suspension de la réforme. Laurent Marcangeli estime que cette décision permettrait d’économiser un milliard d’euros en 2027. Ce montant reste le chiffrage défendu par le groupe, et non une économie déjà réalisée.

Le parti soutient également les économies gouvernementales concernant les retraités. Son président de groupe juge « légitime que les retraités qui le peuvent contribuent à l’effort ». Reste à définir précisément quels revenus ou situations distingueraient ceux qui peuvent contribuer des autres.

La pression sur les comptes sociaux est réelle. Les comptes officiels de la Sécurité sociale indiquent un déficit de 21,6 milliards d’euros en 2025 pour les régimes de base et le Fonds de solidarité vieillesse. Ce périmètre ne se confond pas avec celui du budget de l’État.

Horizons avance enfin une baisse de 3 % par an des dépenses des caisses de Sécurité sociale. Mais l’annonce ne détaille pas suffisamment l’assiette concernée. Réduire les frais de fonctionnement des caisses et réduire les prestations versées aux assurés n’aurait ni le même rendement ni le même impact.

Les prochains débats devront donc transformer ces orientations en amendements précis. Trois éléments permettront de juger le projet : les impôts finalement écartés, le détail des économies et leur chiffrage pour 2027. C’est à cette étape que les députés pourront mesurer qui bénéficie de l’arbitrage et qui en finance réellement le coût.

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