Retraites : ce que les choix des candidats changeraient concrètement pour l’âge de départ et le montant des pensions
De Jean-Luc Mélenchon à Éric Zemmour, les candidats avancent des projets opposés sur l’âge de départ, la durée de cotisation et la capitalisation. Le financement reste le principal point de tension.

Les candidats à la présidentielle de 2027 proposent des trajectoires très différentes pour les retraites. La gauche veut revenir sur la réforme de 2023, tandis que plusieurs candidats de droite défendent un départ plus tardif et davantage de capitalisation. Pour les citoyens, l’enjeu porte sur l’âge de départ, le montant des pensions et le financement du système.
Un prompt optimisé est pré-rempli pour chaque moteur. Les résultats générés par l'IA peuvent différer du contenu original.
Pour un salarié de 30 ou 40 ans, la question est très concrète : devra-t-il travailler jusqu’à 60, 62, 65 ans ou davantage pour obtenir une retraite complète ? À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, les principales propositions dessinent des choix très différents.
Un débat relancé autour d’un système déjà sous tension
La réforme des retraites de 2023 prévoit un relèvement progressif de l’âge légal, de 62 à 64 ans. Elle accélère aussi l’allongement de la durée de cotisation, jusqu’à 43 annuités pour une carrière complète. L’âge d’annulation de la décote reste fixé à 67 ans.
Une décote réduit la pension lorsqu’un assuré part sans avoir validé assez de trimestres. À l’inverse, une surcote augmente la pension lorsqu’il travaille au-delà de la durée requise.
Ce cadre reste contesté à gauche. À droite, plusieurs candidats veulent au contraire aller plus loin. Tous doivent toutefois répondre à la même difficulté : financer les pensions alors que la population vieillit et que le nombre de cotisants progresse moins vite.
Le rapport annuel 2026 du Conseil d’orientation des retraites estime que le système aurait enregistré un déficit de 5,1 milliards d’euros en 2025, hors charges et produits financiers. Ces projections dépendent toutefois des hypothèses économiques, démographiques et migratoires retenues.
La démographie pèse aussi sur le débat. En 2025, l’espérance de vie à 60 ans atteignait 23,9 années pour les hommes et 27,9 années pour les femmes. Mais vivre plus longtemps ne signifie pas nécessairement travailler plus longtemps en bonne santé.
À gauche, abroger la réforme et réduire l’âge de départ
Jean-Luc Mélenchon défend un retour progressif au droit à la retraite à 60 ans, avec 40 années de cotisation. Dans un premier temps, il propose un départ à 62 ans, avant d’aller plus loin.
Son projet permettrait aussi de partir à 60 ans sans avoir validé tous ses trimestres. La pension serait alors calculée au prorata des cotisations versées. Les assurés pourraient également continuer à travailler au-delà de l’âge légal.
Le candidat insoumis veut par ailleurs relever le minimum vieillesse jusqu’au seuil de pauvreté. Il propose aussi de garantir au moins le niveau du smic pour les pensions correspondant à une carrière complète.
Marine Tondelier souhaite, elle aussi, supprimer immédiatement la réforme de 2023. Cette abrogation ramènerait mécaniquement l’âge légal à 62 ans. Les écologistes veulent ensuite viser 60 ans, en priorité pour les personnes ayant commencé tôt ou exercé un métier pénible.
Pour financer cette orientation, Marine Tondelier évoque une réduction des exonérations de cotisations patronales. Elle avance l’idée de récupérer 10 % d’un montant global estimé à 77 milliards d’euros. Cette piste bénéficierait aux salariés partant plus tôt, mais elle modifierait le coût du travail pour les entreprises concernées.
Raphaël Glucksmann défend également la suppression de la réforme Borne. Son approche est toutefois moins centrée sur un âge unique. Il propose de créer un Haut Conseil du pilotage des retraites et d’augmenter le nombre de cotisants, notamment grâce à une meilleure insertion professionnelle des seniors.
Olivier Faure soutient le retour à 62 ans. Il veut distinguer la durée de cotisation selon la pénibilité des métiers. Cette logique avantagerait les carrières longues et les emplois difficiles, mais elle supposerait de définir précisément les professions concernées.
À droite, travailler plus longtemps ou changer de système
Gabriel Attal propose de supprimer l’âge légal. Seule la durée de cotisation déterminerait le niveau de pension, avec un mécanisme de décote et de surcote. Dans cette logique, un départ précoce donnerait une pension plus faible, tandis qu’un départ tardif ouvrirait des droits plus élevés.
Cette proposition offrirait davantage de liberté aux assurés qui peuvent choisir leur date de départ. Elle pourrait toutefois pénaliser les salariés dont la carrière est hachée, les personnes au chômage en fin de parcours ou celles qui occupent des métiers physiquement exigeants.
Gabriel Attal veut aussi introduire une part de capitalisation. Il a évoqué le versement par l’État de 1 000 euros sur un fonds pour chaque nouveau-né. La capitalisation complète la retraite par répartition grâce à une épargne investie au cours de la vie professionnelle.
Édouard Philippe défend une réforme paramétrique plus classique. Il propose de porter progressivement l’âge légal à 65 ans et la durée de cotisation à 45 annuités, en moins de dix ans. Il estime que cette évolution permettrait de dégager environ 30 milliards d’euros en année pleine.
Son projet maintient l’âge d’annulation de la décote à 67 ans. Il prévoit aussi des départs avant 65 ans pour les personnes ayant commencé à travailler très jeunes ou exerçant un métier pénible. Selon lui, un Français sur trois pourrait ainsi partir entre 60 et 64 ans.
Édouard Philippe veut enfin ajouter une capitalisation obligatoire et collective. Il propose aussi de généraliser l’épargne-retraite, avec un abondement public de 500 euros lors de la signature du premier contrat de travail.
Bruno Retailleau place le curseur à 63 ans pour une carrière complète de 43 années. Le taux plein deviendrait automatique à 65 ans, même sans tous les trimestres. En contrepartie, un départ à 63 ans subirait une décote de 7 % par année manquante.
Le président des Républicains veut prendre en compte la pénibilité après consultation des partenaires sociaux. Il souhaite aussi relier l’âge du taux plein à l’espérance de vie. Si celle-ci augmente, l’âge de départ pourrait donc progresser à nouveau.
Bruno Retailleau chiffre les économies à 40 milliards d’euros cumulés sur cinq ans. Il défend également une capitalisation représentant, à terme, 25 à 30 % des retraites des jeunes entrant sur le marché du travail. Cette orientation profiterait aux actifs capables d’épargner, mais elle exposerait davantage les pensions aux performances des placements.
Le RN et Reconquête privilégient des options différentes
Marine Le Pen défend un âge de départ à 62 ans. Elle veut permettre un départ à 60 ans pour les personnes ayant commencé à travailler avant 20 ans et cotisé 40 années.
Elle propose aussi d’exonérer de cotisations retraite et chômage les seniors ayant atteint l’âge de départ et validé leurs trimestres, s’ils continuent à travailler. Cette mesure vise à rendre le maintien en emploi plus attractif, mais elle réduirait les recettes sociales.
Marine Le Pen chiffre sa réforme à 9 milliards d’euros par an. D’autres évaluations ont avancé un coût supérieur, compris entre 23 et 38 milliards d’euros. Le financement reste donc un point central de la controverse.
Éric Zemmour défend une orientation inverse. Il propose de repousser l’âge légal à 64 ou 65 ans et juge le système par répartition condamné par la baisse du nombre de naissances. Il veut développer progressivement la capitalisation et réduire la place de la répartition.
Le financement sera le véritable test
Derrière les âges annoncés, deux choix s’opposent. Le premier consiste à préserver largement la répartition en augmentant les cotisations, les recettes ou le nombre de cotisants. Le second mise sur le recul de l’âge de départ et sur une part plus importante d’épargne individuelle.
Les effets ne seraient pas les mêmes pour tous. Les cadres aux carrières continues pourraient mieux absorber un départ à 65 ans. Les ouvriers, les employés exposés à la pénibilité et les personnes ayant connu des périodes de chômage seraient davantage dépendants des dispositifs de départ anticipé et du calcul de la pension.
La capitalisation créerait aussi des écarts selon les revenus. Un salarié capable d’épargner régulièrement pourrait compléter sa pension. À l’inverse, les ménages modestes auraient moins de marge pour investir, surtout lorsque le logement, les transports et les dépenses contraintes absorbent déjà une grande partie du revenu.
Le prochain enjeu sera donc de comparer les promesses avec leurs financements précis. Il faudra surveiller les chiffrages détaillés, les réactions des syndicats et du patronat, ainsi que les éventuels arbitrages sur la pénibilité, les carrières longues et la fiscalité de l’épargne-retraite.



