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ACTUALITé NATIONALE La facture du redressement

Qui paiera le redressement de la Sécurité sociale ? Le budget 2027 répartit l’effort entre patients, retraités et familles

Le gouvernement vise une baisse du déficit de la Sécurité sociale à 12,7 milliards d’euros en 2027. Soins, pensions et prestations familiales sont concernés, tandis que le Parlement doit encore examiner les mesures proposées.

Boîtes de médicaments rangées sur un chariot devant les rayonnages d’une pharmacie hospitalière, sans étiquette lisible.
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En bref

Le projet de financement pour 2027 vise à ramener le déficit des régimes obligatoires de base de 21,8 à 12,7 milliards d’euros. Les économies toucheraient notamment les dépenses de santé, la revalorisation des pensions et certaines prestations familiales, tandis que des recettes supplémentaires sont prévues. Le texte, rejeté par l’Assemblée nationale, doit encore être examiné au Sénat.

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Une retraite qui augmente moins vite que les prix, des remboursements de soins déplacés vers les mutuelles : qui paierait le redressement de la Sécurité sociale ? Le budget proposé pour 2027 répartit l’effort entre assurés, retraités, familles et entreprises, avec des conséquences très différentes selon leurs revenus.

Un déficit réduit de 9,1 milliards, mais des dépenses toujours en hausse

Le gouvernement de Sébastien Lecornu veut ramener le déficit des régimes obligatoires de base de 21,8 milliards d’euros en 2026 à 12,7 milliards en 2027. Soit une amélioration de 9,1 milliards. Ces chiffres restent des prévisions : ils dépendent des mesures finalement adoptées et de l’évolution économique.

Le véhicule de cette politique est le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, ou PLFSS. Ce texte annuel prévoit les recettes et fixe les objectifs de dépenses. Il ne couvre pas toute la protection sociale : l’assurance chômage, notamment, relève d’un autre périmètre. Le dossier du Sénat sur le budget social pour 2027 précise ces objectifs.

Réduire le déficit ne signifie pas diminuer toutes les dépenses. Dans sa présentation du 1er octobre 2026, le gouvernement annonce encore environ 13 milliards d’euros de dépenses supplémentaires. Il veut toutefois ralentir leur progression, notamment face au vieillissement de la population. L’exécutif défend ainsi un effort destiné à préserver le financement du système, sans hausse générale des impôts.

Il promet parallèlement une hausse de 3 % de l’enveloppe des établissements de santé et la revalorisation intégrale des petites retraites jusqu’à 1 260 euros mensuels. Ces protections ciblées figurent dans le compte rendu gouvernemental présentant les arbitrages budgétaires. Elles ne suppriment cependant pas l’effort demandé aux autres bénéficiaires.

Santé : économiser, mais aussi déplacer la facture

La santé concentre une grande partie des mesures. Le gouvernement prévoit 5,1 milliards d’euros d’économies, dont 2,1 milliards sur les produits de santé. Il vise aussi un milliard sur les indemnités journalières, qui compensent une partie du salaire pendant un arrêt maladie. Les établissements sanitaires et médico-sociaux doivent, eux, réaliser 900 millions d’euros de gains d’efficacité.

Autre levier : 700 millions d’euros reposeraient sur les taux de remboursement et des transferts vers les complémentaires santé. Le projet reconduirait également leur contribution exceptionnelle, pour 1,1 milliard. Enfin, une taxation des produits industriels transformés sucrés apporterait 300 millions. Le Sénat détaille ces mesures dans sa présentation du texte.

Un transfert de remboursement améliore les comptes de l’assurance maladie sans nécessairement réduire le coût du soin. Pour l’assuré, l’enjeu devient alors la couverture de sa complémentaire et son prix. C’est une conséquence possible du mécanisme, non une hausse de cotisation automatiquement acquise. Les personnes sans couverture complémentaire ne disposent pas du même amortisseur.

Les contraintes touchent aussi les services. Dans une prise de position commune sur le financement de l’autonomie, les fédérations FHF, FEHAP et Synerpa jugent les moyens insuffisants. Elles défendent les établissements publics, associatifs et privés qu’elles représentent. Selon elles, la hausse annoncée des crédits médico-sociaux ne permet pas de financer simultanément les charges courantes et les nouvelles places.

Ces fédérations saluent néanmoins deux dispositifs, dont le financement spécifique de certaines vaccinations. Leur critique porte donc sur les moyens et leur répartition, pas sur chaque disposition. Pour les résidents comme pour les professionnels, leur alerte pose une question concrète : comment développer l’accueil sans fragiliser le fonctionnement quotidien ?

Retraites et familles : des protections sélectives

Sur les pensions, le projet organise une revalorisation différenciée. Au-dessus de 1 260 euros, l’augmentation pourrait rester inférieure à l’inflation. Une pension peut ainsi conserver son montant, voire progresser légèrement, tout en permettant d’acheter moins. L’annexe documentaire du syndicat SNFOCOS sur le PLFSS décrit ce mécanisme et distingue les dispositions établies des informations simplement rapportées.

Le seuil protège donc les petites pensions, tandis que les bénéficiaires situés au-dessus supporteraient davantage le ralentissement. Les familles participeraient également à l’effort. Le projet prévoit notamment le maintien des prestations familiales à leur niveau de 2026 et une réduction des dépenses d’allocation de rentrée scolaire. Ces économies concernent directement les budgets consacrés aux enfants.

L’Union nationale des associations familiales demande davantage de garanties. Dans son analyse des mesures concernant les familles, elle réclame une concertation et des paramètres documentés avant toute réforme de l’allocation de rentrée scolaire. Elle défend ainsi les ménages bénéficiaires face à un objectif d’économie dont la répartition précise reste déterminante.

L’Unaf conteste aussi la transformation de la majoration de retraite pour trois enfants ou plus en montant forfaitaire. Elle souligne que certaines mères aux pensions élevées perdraient des droits. À l’autre extrémité, certaines bénéficiaires du minimum vieillesse ne gagneraient rien, car leur allocation diminuerait en contrepartie. Une même réforme peut donc produire des effets opposés selon la carrière et les ressources.

Le redressement dépend aussi des recettes et du Parlement

Le déficit ne vient pas seulement des dépenses. Un avis de la commission des finances de l’Assemblée nationale souligne que les recettes de 2026 ont déçu. Cotisations et emploi restent étroitement liés. Le texte prévoit aussi de modifier les allègements de cotisations des entreprises : davantage de recettes pour la Sécurité sociale signifie alors moins d’exonérations pour les employeurs concernés.

Le même avis distingue deux chiffres : l’amélioration annuelle atteint 9,1 milliards, mais l’effort représente 9,9 milliards par rapport au déficit attendu sans mesures nouvelles. Il avertit surtout que la trajectoire ne ramène pas durablement les comptes à l’équilibre : le déficit repartirait à la hausse dès 2028.

Le calendrier parlementaire constitue désormais le premier test. Après le rejet du texte par l’Assemblée nationale le 23 octobre 2026, le Sénat prévoit un examen en commission le 4 novembre, puis en séance à partir du 9 novembre. Le vote solennel annoncé pour le 18 novembre permettra de mesurer quels efforts les sénateurs maintiennent, déplacent ou suppriment.

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RÉACTIONS

1 commentaire

  1. Jacqueline Avez

    Ils vont finir par créer une taxe pour le droit de vivre aux retraités

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