Présidentielle 2027 : une candidature unique peut-elle éviter au centre et à la droite l’élimination dès le premier tour ?
Yaël Braun-Pivet appelle le centre et la droite à s’accorder sur un candidat unique pour 2027, et cite Gérard Larcher comme possibilité. Mais la concurrence des prétendants et les désaccords de programme compliquent ce rassemblement.

Yaël Braun-Pivet souhaite que les candidats du centre et de la droite républicaine s’entendent sur une seule candidature pour la présidentielle de 2027. Elle évoque Gérard Larcher, alors que les sondages montrent une compétition incertaine et que les divergences de programme pourraient freiner l’accord. Pour les électeurs, l’enjeu est de concilier chances de qualification et diversité des choix
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Choisir son candidat au premier tour, ou soutenir celui qui peut éviter l’élimination de son camp ? Pour les électeurs du centre et de la droite, cette tension structure déjà la présidentielle de 2027. Yaël Braun-Pivet propose de la résoudre avant le scrutin : une seule candidature, du MoDem à la droite républicaine.
La présidente de l’Assemblée nationale cite Gérard Larcher parmi les personnalités capables d’incarner ce rassemblement. Mais derrière le choix d’un nom se cachent deux questions : qui accepterait de s’effacer, et pour défendre quel programme ?
Deux places au second tour, plusieurs prétendants au centre et à droite
Le calcul repose sur une règle simple. Si personne n’obtient la majorité absolue au premier tour, seuls les deux candidats arrivés en tête peuvent poursuivre. L’article 7 de la Constitution sur l’élection présidentielle impose ainsi une compétition pour deux places, même lorsque plusieurs familles politiques disposent d’un électorat important.
C’est cette mécanique que Yaël Braun-Pivet veut anticiper. Le 27 octobre, elle appelle à travailler avec les candidats déjà déclarés dans le « socle commun ». Cette expression désigne ici l’espace politique allant des centristes à la droite républicaine. Son objectif : trouver un candidat unique grâce à des compromis entre ses différentes composantes.
Elle avance également le nom du président du Sénat : « Comme d’autres, Gérard Larcher peut incarner ce rassemblement ». La formule ne constitue ni une déclaration de candidature de l’intéressé, ni l’annonce d’un accord. Elle ouvre une possibilité, sans refermer la compétition entre les prétendants.
Pour la présidente de l’Assemblée, il faut agir rapidement : « Le plus vite sera le mieux ». Elle cherche notamment à éviter un second tour entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Cette préférence exprime la stratégie de son camp, pas un constat partagé par l’ensemble des électeurs.
Les sondages expliquent l’urgence, sans désigner le vainqueur
Les enquêtes récentes éclairent cette inquiétude. Dans son baromètre présidentiel réalisé du 17 au 19 octobre 2026, l’Ifop place Marine Le Pen en tête. Jean-Luc Mélenchon arrive deuxième dans toutes les hypothèses testées, avec 15 % à 20 % des intentions de vote. L’institut souligne toutefois les faibles écarts entre les candidats classés de la deuxième à la quatrième place.
Cette même enquête décrit un recul d’Édouard Philippe. Elle situe Raphaël Glucksmann entre 12 % et 16 %, selon les configurations. Dans plusieurs scénarios, il fait jeu égal avec l’ancien premier ministre, voire le dépasse. La bataille ne se réduit donc pas à un affrontement entre le centre, la droite et La France insoumise.
L’enquête Ipsos menée les 21 et 22 octobre auprès de 1 500 inscrits décrit également une progression de Jean-Luc Mélenchon et une première place de Marine Le Pen. Elle teste quatre configurations : les résultats dépendent donc aussi de l’offre politique présentée aux personnes interrogées.
Pour les partisans du rassemblement, ces résultats renforcent l’argument d’une candidature commune. Ils ne permettent cependant pas de calculer automatiquement son score. Additionner les intentions de vote de plusieurs concurrents ne dit pas comment leurs électeurs réagiraient à leur retrait.
Un accord avantageux pour certains, coûteux pour d’autres
Une candidature unique bénéficierait d’abord à la personnalité retenue. Elle limiterait la concurrence dans son espace politique et lui apporterait les soutiens des formations partenaires. En revanche, les candidats qui renonceraient perdraient leur capacité à défendre directement leurs priorités pendant la campagne présidentielle.
Le rapport de force serait particulièrement sensible pour les petites formations. Un accord pourrait leur donner davantage de poids dans un ensemble plus large. Mais elles devraient négocier les garanties nécessaires pour ne pas disparaître derrière le parti dominant. À l’inverse, les responsables les mieux placés auraient intérêt à faire de leur avance le principal critère de sélection.
Pour les citoyens, la contrepartie serait différente. Une candidature commune simplifierait le choix stratégique, mais réduirait la diversité des options proposées au premier tour. Un électeur pourrait accepter cette restriction pour favoriser une qualification. Un autre pourrait refuser un compromis trop éloigné de ses convictions.
Le précédent de 2022 rappelle le poids de cette qualification. Jean-Luc Mélenchon avait obtenu 21,95 % des suffrages, derrière Marine Le Pen, à 23,15 %. Les résultats officiels de la présidentielle de 2022 montrent qu’un écart limité peut décider de la présence au second tour. Ils ne prouvent pas, pour autant, qu’une alliance aurait modifié le résultat.
Le désaccord porte aussi sur l’identité politique
La résistance à une candidature commune ne relève pas uniquement des ambitions personnelles. Elle concerne aussi les différences de projet. En février 2025, Laurent Wauquiez contestait déjà le principe d’une primaire commune avec le bloc central. Son entourage défendait une identité distincte de celle du macronisme. Cette objection, antérieure à l’appel actuel, illustre un obstacle durable : partager des adversaires ne suffit pas à construire un programme.
Cette position préserve l’autonomie de la droite et sa capacité à proposer une alternative. À l’inverse, la démarche de Yaël Braun-Pivet privilégie la qualification d’un représentant commun. Les deux stratégies arbitrent différemment entre visibilité politique et efficacité électorale.
La prochaine étape sera donc moins de multiplier les noms que de préciser la méthode. Accord entre dirigeants, consultation des militants ou primaire ouverte : chaque option distribuerait autrement le pouvoir de choisir. Les réponses des candidats déjà engagés, leurs éventuels renoncements et les compromis programmatiques permettront de mesurer si cet appel débouche sur une négociation réelle.



