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ÉCONOMIE & SOCIéTé Le pouvoir d’achat sous tension

Hausse du Smic à 2 200 euros : ce que la promesse de Fabien Roussel changerait pour les salariés et les employeurs

Fabien Roussel propose de porter le Smic brut mensuel à 2 200 euros et d’indexer les salaires sur ce minimum. La mesure pourrait soutenir le pouvoir d’achat, mais son financement et ses effets sur l’emploi restent à préciser.

Le candidat se tient sur un parvis mouillé devant une façade institutionnelle, tandis que des passants avancent à l’arrière-plan.
Photomontage IA · NakaraZn / Wikimedia Commons

Photomontage réalisé par IA à partir d'une photo Wikimedia Commons (NakaraZn, CC0).

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En bref

Fabien Roussel défend un Smic brut mensuel de 2 200 euros et souhaite que les autres salaires progressent avec lui. La proposition vise à soutenir les revenus face aux dépenses, mais son montant dépasse de près de 333 euros le Smic brut mensuel fixé en juin 2026 ; le calendrier, le financement et les conséquences pour les employeurs ne sont pas détaillés.

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Une hausse du salaire minimum peut-elle suffire à desserrer la contrainte des factures ? En proposant un Smic brut à 2 200 euros, Fabien Roussel place la rémunération au centre de sa réponse à la colère sociale.

Le 3 novembre 2026, le secrétaire national du Parti communiste français, candidat à la présidentielle, a défendu une convergence entre salariés et jeunes mobilisés. Son objectif : transformer leur mécontentement en pression politique, tout en rejetant les violences. Mais derrière cette ligne, plusieurs questions restent ouvertes : qui gagnerait combien, qui financerait l’effort et comment préserver l’emploi ?

Salariés et lycéens : construire un rapport de force commun

Fabien Roussel rappelle avoir souhaité, dès septembre à la Fête de l’Humanité, que salariés et jeunes s’unissent pour faire reculer le gouvernement. Il présente ainsi les mobilisations comme un levier pour obtenir des décisions sur les revenus et les services publics.

Il distingue cependant cette stratégie des dégradations. « Mais je n’ai pas appelé à ce qu’il y ait des violences, des mairies brûlées ou des commerces vandalisés », affirme-t-il. Il exprime également son soutien aux commerçants qui ont parfois perdu des années de travail.

Cette distinction répond à deux intérêts différents. Les manifestants cherchent à rendre leurs revendications incontournables. Les commerçants touchés, eux, ont besoin de préserver leur outil de travail. Le candidat communiste veut soutenir les premiers sans abandonner les seconds.

Son discours vise aussi à réunir des publics qui ne rencontrent pas les mêmes difficultés. Aux salariés, il promet une amélioration des rémunérations. Aux lycéens et étudiants, il propose davantage d’investissement éducatif. Le point commun revendiqué reste une autre répartition des richesses.

Un Smic à 2 200 euros : quelle hausse et pour qui ?

La proposition centrale concerne le Smic, le salaire horaire minimum légal. Fabien Roussel réclame un montant mensuel brut de 2 200 euros, accompagné d’une indexation des salaires sur ce minimum. Autrement dit, il souhaite que les autres rémunérations suivent aussi sa progression.

Pour mesurer l’écart, le barème du ministère du Travail applicable depuis le 1er juin 2026 fixe le Smic à 1 867,02 euros brut mensuels pour 35 heures hebdomadaires, hors régime spécifique de Mayotte. Passer à 2 200 euros représenterait donc 332,98 euros brut supplémentaires, soit environ 17,8 %.

Ce montant brut ne correspond pas au supplément directement disponible sur le compte bancaire. Les cotisations salariales interviennent entre le brut et le net. Par ailleurs, une hausse exprimée pour un temps plein ne représente pas le même gain mensuel pour une personne à temps partiel.

L’indexation générale changerait également la portée de la mesure. Aujourd’hui, une augmentation du Smic n’oblige pas l’employeur à relever tous les salaires. Il doit surtout corriger ceux qui passent sous le nouveau minimum, rappelle le Code du travail numérique sur les obligations d’augmentation salariale.

La proposition profiterait donc d’abord aux salariés les moins payés, puis potentiellement à une population plus large. Toutefois, l’intervention ne précise ni la formule d’indexation, ni son calendrier, ni son articulation avec les négociations professionnelles. Ces paramètres détermineraient le coût réel du dispositif.

Relancer la consommation, sans ignorer le coût du travail

Fabien Roussel oppose deux orientations économiques. La politique de l’offre cherche à favoriser la production et l’investissement des entreprises. La relance qu’il défend mise notamment sur les revenus pour soutenir les achats des ménages. « La politique de l’offre n’a pas marché, nous voulons une politique de relance », résume-t-il.

Dans son raisonnement, les salariés bénéficieraient directement de la hausse, tandis que les entreprises gagneraient des clients grâce à une consommation accrue. Mais cette seconde conséquence constitue un effet attendu, pas une recette garantie pour chaque employeur.

Une objection économique existe. Dans son rapport de 2024 sur le salaire minimum, le groupe d’experts sur le Smic recommandait de ne pas ajouter de hausse discrétionnaire à la revalorisation automatique. Il invoquait notamment les risques pour l’emploi. Cette analyse ne chiffre pas la proposition de novembre 2026, mais elle éclaire le désaccord.

La question oppose ainsi le gain immédiat des salariés concernés au risque d’ajustements chez certains employeurs. Pour apprécier la mesure, il faudrait distinguer les entreprises selon leurs marges, leur nombre de salariés au minimum légal et leur capacité à absorber une hausse des coûts.

Il faudrait aussi examiner les effets au-delà du Smic. Une étude publiée par la Banque de France sur les minima salariaux montre que ses hausses se diffusent aux rémunérations supérieures, notamment par les minima de branche. Une indexation générale rendrait cet enjeu encore plus central.

Éducation et redistribution : préciser les choix budgétaires

Sur la jeunesse, Fabien Roussel juge insuffisantes les réponses gouvernementales, qu’il qualifie de « miettes ». Il ne considère pas les blocages comme du temps perdu et rappelle son propre engagement dans des manifestations. Il défend donc leur utilité politique, sans détailler ici les moyens éducatifs supplémentaires qu’il financerait.

Les besoins ne se répartissent pourtant pas uniformément. Les indicateurs officiels de résultats des lycées prennent notamment en compte l’origine sociale et le niveau scolaire initial. Cette méthode rappelle qu’un même budget ne répond pas partout aux mêmes difficultés.

Le candidat défend enfin une priorité : « Je préfère qu’on investisse dans l’Éducation plutôt que dans la guerre ». Il invoque les dividendes et la concentration des patrimoines pour soutenir qu’une redistribution peut financer d’autres choix. Cependant, il ne détaille pas, dans cette intervention, les prélèvements envisagés ni leurs recettes attendues.

La prochaine échéance régulière sera la revalorisation annuelle du Smic au 1er janvier 2027, prévue par ses règles de calcul. D’ici là, deux précisions permettront de mesurer la proposition : le calendrier du passage à 2 200 euros et le financement de l’indexation promise aux autres salariés.

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